Les activités du syndicat

img-270x250-les_activites_du_syndicatIl est plus que jamais important d’être présent dans l’action syndicale professionnelle. Tous les jours, des décisions se prennent sur un plan national et européen faisant fi de l’existence et des intérêts des petites professions libérales. Pourtant, nous sommes une force de proposition intelligente et incontournable tant principalement sur le plan humain, qu’économique.
Le SPEL est indispensable dans le panorama des organisations professionnelles. Ā l’heure actuelle, nous faisons face à un monde où la réalité de terrain est en totale contradiction avec le discours des technocrates, quelle que soit leur appartenance politique. C’est le premier syndicat de psychologue, voire le seul, à faire connaître aux décideurs les modalités et conditions d’exercice des Psychologues installés en libéral, leurs revendications et surtout leurs propositions. La présence incontournable des Psychologues fait ses preuves au sein de notre société toujours en mouvement.
Aussi, nous alertons en permanence sur les difficultés et abus suivants :

  • les conditions de l’exercice libéral sont difficiles et sans cesse remises en question ;
  • l’usurpation du Titre de Psychologue est fréquente ;
  • l’usurpation de la pratique est monnaie courante dans un pays en pleine confusion, et où l’utilisation morcelée des concepts psychologiques par des formateurs et coachs de tout poil, plonge actuellement les entreprises dans de vastes manipulations mentales organisées ;
  • en d’autres termes, les utilisateurs autoproclamés de pratiques psychologiques et  psychothérapiques, jouent aux apprentis sorciers, manipulant dangereusement le psychisme d’autrui, au risque du harcèlement moral ;
  • l’utilisation de pseudo titres tels que thérapeute, psycho-praticien, coach, expert en psychologie, passeur de tests ou de bilan de compétence, vise à faire croire au Public à l’équivalent d’un vrai Psychologue ;
    ces anomalies flagrantes sont autant d’ondes de choc et de dérégulations que le SPEL combat avec détermination parce qu’elles mettent en danger l’équilibre psychologique des Personnes.

Ce que fait le SPEL

  • Il défend l’idée d’un Ordre professionnel des Psychologues Libéraux, Ordre garant de la qualité de la formation universitaire donnant droit au Titre de Psychologue, et de la protection du Public ;
  • il défend le Modèle Psychologique, symbolisé par le Titre unique et l’unitaire de notre métier ;
  • il promeut le Psychologue en sa qualité de généraliste et spécialiste de la vie psychique : le Psychologue en Libéral reçoit toutes demandes relatives aux problématiques psychologiques ;
  • il défend la formation universitaire de haut niveau fondamental, théorique et pratique. Il promeut la scientificité de la Psychologie issue de  l’enseignement académique des Sciences Humaines. Il promeut la pluralité des idées et des modèles théoriques, le recul critique, la recherche fondamentale, et la recherche de terrain. Tout Psychologue, parce que le Sujet est unique, est un praticien chercheur ;
  • Il défend la Psychologie éthique et déontologique au service du Public, et s’oppose aux amalgames et confusions, relevant de notre société médiatique où le récit devient plus vrai que le réel et la logorrhée une fin en soi. Cette logorrhée médiatique assimile abusivement la Psychologie et la psychothérapie aux thérapies sauvages, au coaching, et autres conseils en stratégie mentale ; si « psychothérapeute » est un titre récemment réglementé, ne sont toujours pas réglementées les « psychothérapies ». Il en résulte de catastrophiques manipulations psychiques ;
  •  Il s’oppose et dénonce la confusion des « masters » et des « docteurs en psychologie » où seul un initié peut se retrouver dans ce maquis sémantique qui produit une concurrence trompeuse, déloyale et illégale. En effet, obtenir un  « master en psychologie » ne fait pas de l’intéressé un psychologue si ce diplôme ne résulte pas d’une licence et d’une maîtrise en psychologie relevant de la loi de 1985 portant sur le Titre de Psychologue. Or, les universités entretiennent la confusion en autorisant qu’un titulaire de master d’une discipline quelconque, voire un docteur en médecine, puisse suivre en 1 an un master de psychologie. Ainsi, munis de ce vade-mecum ces derniers s’autoproclament souvent « psychologue ». Ce master en psychologie (obtenu en un an) ne donne pas la qualification de psychologue et n’autorise pas l’exercice et la pratique de la psychologie ; c’est un master théorique et non professionnel. Jusqu’à présent  usant de vides juridiques, nombreux sont les usurpateurs à se prévaloir ouvertement sur une carte de visite ou une plaque professionnelle du titre de psychologue. Nous dénonçons ce manque de vigilance et de sanction d’autorités que nous estimons incompétentes.

Il en va de même avec le « doctorat en psychologie » qui n’est pas un doctorat d’exercice. Il ne permet pas d’être Psychologue. Il prépare à la fonction d’enseignant et de chercheur en psychologie. Peuvent y prétendre des candidats venant d’autres disciplines. Cette question du titre de docteur en psychologie devrait être mise en discussion au niveau des organisations de psychologue et de la psychologie, eu égard à la concurrence sans merci, souvent déloyale et illégale, faite à l’ensemble des professionnels issus de la psychologie fondamentale par des non-psychologues. Ces derniers n’hésitent pas, eux, à mettre en avant un titre de docteur, réel ou supposé, pour s’approprier un exercice et des actes relevant de la science et des connaissances en psychologie, sans la formation universitaire requise.

  • En ce qui concerne les titres de Psychologue et de Docteur en Psychologie, il nous paraît souhaitable que la formation universitaire adapte les enseignements et le cursus à la réalité de l’employabilité des professionnels. Ceci, afin de proposer un cursus de formation unitaire, qui engloberait la théorie et la pratique (à l’instar des docteurs en médecine), de façon à leur garantir enfin la reconnaissance de leur haute professionnalité par le Législateur et les Pouvoirs Publics.

L’Exercice Libéral

  • Le SPEL défend, promeut et fait évoluer le secteur libéral des psychologues, (lutte contre la fiscalité trop lourde, la concurrence illégale et déloyale, le travail au noir des cabinets non déclarés ;
  • il développe une solidarité indispensable entre les professionnels isolés ;
  • il milite pour que l’indépendance professionnelle du psychologue soit préservée (libre choix des pratiques, respect du code de déontologie des psychologues libéraux, confidentialité, impartialité, secret professionnel, responsabilité personnelle) ;
  • il s’oppose à la dictature des médias lorsque ceux-ci diffusent de fausses informations sur les Psychologues en faisant l’amalgame avec les auto-proclamés. Ces faux professionnels entretiennent allègrement une confusion des genres en s’intitulant  « psy » ou « psycho-praticiens », exposant d’une part, les personnes fragilisées en souffrance psychique à des pratiques sauvages et des dérives sectaires ; et d’autre part, les psychologues libéraux à des préjudices considérables ;
  • il informe directement le public sur ce qu’est un Psychologue par les moyens qui lui sont propres (plaquettes informatives, articles, émissions radiophoniques et télévisuelles) ;
  • il lutte contre  les dérives du commerce des formations de mauvaise qualité ou de leurs coûts trop élevés ;

La pratique de la psychothérapie

Le Psychologue est aussi Psychothérapeute de par la loi du 9 août 2004 modifiée relative à la politique de santé publique qui réglemente l’usage du titre de psychothérapeute et impose l’inscription des professionnels au registre national des psychothérapeutes. Suit Le décret n°2010-534 du 20 mai 2010 en application de cette loi.

Les engagements du SPEL :

  • il défend les compétences psycho-thérapeutiques des Psychologues de par le programme d’enseignement universitaire théorique et pratique de haut niveau qu’ils ont reçu : la psychodynamique,  les processus psychiques humains et leurs diagnostics,  la psychopathologie clinique, et les stages, conditions sine qua non à notre pratique en matière de psychologie thérapeutique, (d’où la contraction de psychothérapie). La demande du Sujet de  consulter un Psychologue en libéral relève toujours d’une réponse émanant d’un processus psychothérapique, même s’il s’agit d’une séance unique. Là où le médecin coupe court à ce que lui dit son patient  par la réponse d’une prescription médicamenteuse, le Psychologue invite la Personne à une démarche relative à cette dimension intra-psychique très particulière où elle se sait entendue et comprise ;
  • il promeut que le titre de psychothérapeute n’est pas une profession en soi mais une compétence d’une profession existante telle que la loi le spécifie ;
  • il s’oppose à ce que le soin psychique soit considéré comme une entité insignifiante, voire méprisable, position perverse qui est contraire aux repères symboliques nécessaires au développement des civilisations ;
  • il s’oppose à ce que le soin psychique soit considéré comme un domaine de la médecine générale, vers sa stigmatisation en termes de maladie et de médicamentation par les psychotropes, sauf en cas de maladie psychiatrique ;
  • il fait valoir que les Psychologues sont en première ligne pour observer de manière longitudinale les effets des psychotropes sur les Sujets, acquérant ainsi une expertise incontournable. Certaines prescriptions médicamenteuses semblent être consommées à vie, alors qu’elles auraient dû prendre fin. Constatant l’effet significatif de ces produits en situation d’évaluation psychologique, d’expertise, ou de psychothérapie, ces prescriptions sont devenues un sujet de préoccupation et de réflexion au sein du SPEL.

L’Expertise judiciaire

– Le SPEL milite pour une juste rémunération de l’expertise psychologique, ramenée en libéral, à du pur bénévolat (voir à une perte),

La relation avec les adhérents

 » La Feuille du SPEL », notre lettre d’information, vous est envoyée. Une mine de réflexions, de propositions et d’informations spécialisées.

Ce que propose le SPEL autour de la création d’un Ordre professionnel

  • lutter contre le libre jeu de la marchandisation de l’esprit humain et la dévalorisation, voire la disparition de notre diplôme et de la profession de Psychologue, dont la marque est d’être une profession hautement intellectuelle qui effectue des Actes intellectuels ;
  • lutter pour la protection du Public contre les fausses pratiques, les dérives sectaires et d’influence, la récupération des concepts psychologiques et psychothérapiques par tout un chacun utilisés à des fins perverses de manipulations mentales, ce au nom de la préservation ou la restauration de l’équilibre psychique ;
  • lutter pour protéger juridiquement la profession, depuis toujours mal protégée dans les textes et règlements, et menacée aujourd’hui par de nouvelles lois ;
  • lutter contre les lobbyings tous azimuts, l’obscurantisme, la logorrhée des médias et de l’internet pour lesquels le jeu consiste à aligner des mots vides de sens vital,  récupérant les concepts psychologiques à des fins commerciales et manipulatoires ;

Par voie de conséquence, des actions à mettre en œuvre :

  • la création d’un Ordre professionnel pour les Psychologues Libéraux ;
  • la légalisation du Code de déontologie des Psychologues Libéraux ;
  • la légalisation des Actes de compétence des psychologues, chargés de définir, préciser et singulariser l’exercice et la pratique du psychologue, et plus particulièrement, ceux des Psychologues en Exercice Libéral ;
  • le renforcement de l’organisation de notre pratique, référée à notre déontologie et notre éthique, dont la valeur prend son socle dans une formation universitaire fondamentale de haut niveau théorique et pratique, en Sciences Humaines, en rupture avec la technicité,  l’instrumentalisation, et le découpage en spécialité du savoir médical ;
  • l’unification des psychologues en libéral contre l’isolement des uns et des autres, puisque la volonté de légiférer de la part de l’Etat peut nous attaquer ;
  • la promotion une formation continue de qualité par opposition aux dérives commerciales actuelles ; en matière de Psychothérapie,  consolider la voie de la recherche fondamentale en ce domaine ;
  • la lutte contre les coûts exorbitants des formations injustifiés ;
  • la protection de notre profession contre les dictats récurrents des pouvoirs publics et la désinformation des médias ;
  • le droit d’agir devant les tribunaux, aux fins d’obtenir réparation de l’atteinte portée aux intérêts professionnels des membres de la profession ;
  • le droit d’agir, au plan civil, pour la protection des patients contre les faux professionnels par des sanctions disciplinaires ;
  • le droit d’intervenir en contrôle de qualité de la profession : contrôle de la formation initiale ouvrant droit au Titre de psychologue, des examens, du contrôle continu, de la formation pratique et clinique. Contrôle également, dans une certaine mesure du domaine privé (cf Ordre des avocats)
  • Le droit de participer à des instances de réflexion et d’aide à la décision, aux côtés des Pouvoirs publics ;
  • Le droit d’affirmer la légitimité politique, sociale, administrative et économique de la profession en libéral.

Article paru dans SPEL Contact :

Pourquoi un Ordre Professionnel des Psychologues Libéraux ?

La création d’un Ordre professionnel des psychologues constitue l’aboutissement logique de la définition de la profession établie par la loi du 25 juillet 1985. Celle-ci visait déjà, il y a près de vingt-sept ans, à lutter contre le manque de formation et le charlatanisme, eu égard à la pratique sauvage de la psychologie et de la  psychothérapie.  L’obligation par la loi en 2003 de s’inscrire sur le fichier national ADELI pour exercer la psychologie en fait une profession réglementée.

Or, aujourd’hui, rien n’est réglé. Même pis, nous assistons à une usurpation systématisée du Titre de psychologue que rien ne semble pouvoir enrayer. En effet aujourd’hui, se prétendre  » un « psy », « psycho-praticien »  « coach », apparaît, aux yeux du public, un équivalent d’être un psychologue fondé. Onde de choc et de dérégulation certes, mais que seul, un Ordre européen sera à même d’enrayer.

Un Ordre qui passera par la réglementation de l’Exercice, des Actes de compétences et d’un Code de déontologie des Psychologues Libéraux. En effet, un Ordre professionnel représente une instance médiatrice et disciplinaire qui, d’une part, renforce la qualité des professionnels en exigeant des codes de bonne conduite eu égard aux recommandations européennes, d’autre part protège le Public de l’exercice sauvage de la psychologie et de la psychothérapie, et de l’utilisation abusive des termes « psychologie », « psycho » et « psy ».

C’est dans cet esprit que s’est créé le Syndicat des Psychologues en Exercice Libéral (SPEL), en 2003. Son but était de répondre à la demande spécifique des Psychologues Libéraux, là où ces derniers avaient largement pressenti le danger, mais ceci dans l’indifférence générale de leurs collègues institutionnels. En effet, les Psychologues Libéraux étaient les premiers exposés à subir, depuis une vingtaine d’années, la concurrence illégale et déloyale de pseudo-professionnels installés en libéral par auto-proclamation. Ceux-là mêmes qui persistent, aujourd’hui, à cultiver insidieusement et massivement les amalgames sémantiques. Car depuis, le titre de psychothérapeute étant réglementé, de nouveaux noms de professions sont créés par exemple, ceux de « psychopraticiens »,  et « praticien en psychothérapie » contournent la loi.  Ce, pour capter une  » clientèle  » en mal de clarté dans l’offre de soins. Ainsi et plus que jamais, l’activité du Psychologue Libéral se trouve confrontée à l’explosion massive et insidieuse du marché du  » bien-être « . Un marché qui n’est autre que la vente du psychisme humain, véhiculé par l’idéologie du  » Tout-Psy  » et de pseudo-techniques de soin (450 techniques répertoriées sur ce marché) et d’un lobbyng puissant, hautement organisé, soutenu  par une certaine Presse et une certaine Edition. Or, il est certain que ces médias particuliers n’ont de mission de liberté d’information que le nom (malgré l’affichage de leur numéro de Commission Paritaire Presse), puisque leur rôle consiste à communiquer avant tout un message prédéterminé en amont, dans le domaine de la Psychologie. Mais, autant dire qu’il s’agit de la lutte du pot de terre contre le pot de fer, lutte au sein de laquelle, seul, un Ordre professionnel peut jouer le rôle d’arbitre et remettre de l’ordre symbolique.

En cet état de dérégulation et en l’absence d’autorité supérieure fondée, la défense et la promotion de l’exercice libéral des psychologues exigeait, pour le SPEL, de mettre au grand jour et de dénoncer cette situation de concurrence sauvage, éminemment dangereuse pour le Public. Ce que nous avons fait. Une telle situation de concurrence abusive ne conduisant qu’à fourvoyer le Public, alors même qu’il se trouve fragilisé, en l’exposant délibérément à des pratiques sauvages, non fondées, dangereuses, voire à des manipulations ou des confusions aliénantes de type sectaire.
Le paradoxe généré par Bruxelles fragilise la profession : un double langage, libéraliser les compétences et protéger, une équation impossible. Le monde devient un bateau ivre sans capitaine. Cela veut dire, que ce sont les professionnels regroupés qui, s’ils veulent conserver la qualité de leur pratique, doivent prendre leur destin en main sans compter sur les pouvoirs publics nationaux et européens défaillants sur ce qu’ils produisent. Les écrits recommandent, la réalité de terrain est tout autre La priorité étatique à l’heure actuelle est de gérer des masses et non plus des individus. La horde des usurpateurs peut pratiquer sans être inquiétés. C’est à nous d’informer et de faire savoir, et le Public de se diriger et d’être chanceux de rechercher la bonne information
Autre paradoxe. Les élus promettent et promeuvent la prise en charge. Alors que les citoyens doivent d’évidence se prendre en charge s’ils ne veulent pas tomber dans les pièges.
D’une part l’Europe favorise la libre circulation des services et des professionnels, favorisant une libéralisation à outrance des appartenances des compétences, ce qui accroît la dérégulation : sans vergogne, les professionnels s’approprient par le biais de la formation continue et de la libéralisation des enseignements universitaires les compétences des autres professions.   D’autre part elle demande aux Professions Libérales de se référer à des Codes de conduites européens et à leur propre Code de conduite pour protéger le Public. Dans cette situation, sur le plan concret, les professions sont livrées à elles-mêmes et doivent prendre leur destin en main. C’est le sens de l’Ordre professionnel.

OUI, le SPEL affirme que l’exercice illégal de la psychologie existe. Puisqu’il est pratiqué et banalisé par l’explosion d’un envahissement de « psys » « psycho-praticiens » peutes, « coach » en tous genres, conséquence de la marchandisation de l’humain et de son esprit.

OUI, le SPEL affirme que, seul, un Ordre professionnel peut se porter garant de l’intérêt général en matière d’équilibre de la vie psychique, là où il s’agit de proposer des repères symboliques porteurs de modification ou de réparation à l’égard des problématiques, souffrances ou dysfonctionnements, qu’ils soient d’ordre moral, psychique ou psycho-social. La spécificité du Psychologue Libéral étant d’œuvrer au cœur de la société civile, le plus en amont possible, ce à visée de prévenir l’aggravation des troubles et de réduire leur entrée dans l’instrumentalisation de la souffrance humaine, via leur stigmatisation par la médecine du corps, la psychiatrie ou l’orientation institutionnelle : autant de signes de l’enfermement psychique.

Cette plaidoirie pour l’exigence d’un Ordre professionnel tient – de la part des Psychologues Libéraux qui constitueraient environ 1/3 des Psychologues exerçant en France – aux principes suivants : leur statut leur confère autonomie constructive, mais isolement ( liberté précieuse, mais exposition quotidienne à des risques financiers) – responsabilité prenant appui sur une éthique et une déontologie validée par notre diplôme universitaire de haut niveau en savoir fondamental théorique et pratique, mais sans protection par un cadre juridique adapté. En cas de plaintes, nous relevons du Droit commun. Ce qui signifie que nous sommes responsables civilement et pénalement. A ce titre, nous sommes facilement traînés devant les tribunaux. Or, qui a compétence pour déterminer les éventuels manquements des Psychologues à leurs obligations professionnelles si ce n’est la profession elle- même et donc un Ordre investi d’un pouvoir médiateur et disciplinaire ? En l’absence de cette instance, la violation du Code de Déontologie est réduite à une déclaration de principes, et hors les cas de sanctions pénales, les contrevenants peuvent exercer en toute impunité. Or, les syndicats ne sont pas suffisants pour assurer cette police pour plusieurs raisons : cela suppose une adhésion obligatoire, et la seule sanction qui peut être prononcée est l’exclusion du syndicat, ce qui n’empêche pas le professionnel de continuer à exercer en tant que non syndiqué.

Le monopole exercé par l’Ordre sur les professions et le caractère obligatoire d’adhésion à celui-ci sont, dès lors, les conditions sine qua non pour le maintien d’une réelle discipline dans une profession comprenant des aspects libéraux et, subséquemment, une protection satisfaisante des intérêts de l’usager dans l’esprit de la loi de 1985.

De même, le statut libéral, en tant qu’exercice, (contrairement aux statuts des salariés qui restent protégés par le cadre institutionnel auquel ils se trouvent juridiquement référés), a besoin d’un rempart contre l’exposition au Droit commun, besoin auquel pourrait répondre un Ordre professionnel.
De plus, les autres  professions à Ordre (avocats – experts-comptables – architectes – vétérinaires) peuvent mandater un représentant qualifié et permanent pour des déplacements nationaux et européens, qui est rémunéré à la hauteur de son travail et indemnisé pour ses pertes ressources. Nous prenons pour exemple l’Ordre des psychologues italiens dont le Président a pu siéger au Céplis à Bruxelles grâce aux rémunérations et indemnisations émanant de son infrastructure. A côté nos syndicats de psychologues français pauvres en adhérents, donc en moyens financiers, font pâle figure, et ne comptent que sur la seule bonne volonté de ceux qui les représentent au nom de toute la profession. Il est évident qu’un psychologue français exerçant en libéral à temps complet ne peut se priver de ressources financières de son travail, pour défendre la profession. Dans ce monde où l’influence et le lobbying règnent en maître, il faut être réactif et doublement présents, parce que les décisions se prennent vite. Il est absolument nécessaire de déléguer des représentants tutélaires pour être constamment présents à toutes les décisions nous concernant. Cela implique évidemment de rémunérer ces représentants. Et seul un Ordre de par ses cotisations obligatoires peut répondre à cette exigence.

Il est nécessaire de préciser encore une fois que bien que la profession de Psychologue est aujourd’hui réglementée, le paradoxe est que « psychologie » peut être utilisé à des fins usurpatrices Tout le monde ne peut pas s’intituler  » psychologue  » (hélas, sauf dernièrement)), mais tout le monde peut faire  » de la psychologie  » : notamment, les  » peutes « , les consultants, les formateurs, les magazines, le simple quidam. Et qui ou quoi d’autre encore? Nous, Psychologues, avons eu tort de nous reposer sur notre diplôme (et nos diplômes universitaires antérieurs qui peuvent nous mener de dix à douze années de formation universitaire), croyant que ceux-ci nous protègeraient. Mais les temps ont changé. Le respect du savoir de haut niveau et de ceux qui l’ont acquis avec moult efforts se voit dominé par des enjeux économiques et des pressions de tous bords qui débordent les Pouvoirs Publics. Ces derniers en viennent alors à légiférer tous azimuts sans pour autant régler les problèmes, mais lésant les légitimes. Pour preuve le décret du 20 mai 2010 venant en application de l’article 52 de la loi de Santé publique d’août 2004 réglementant le titre de psychothérapeute. Ce décret constitue une discrimination sans précédent de notre profession et un démantèlement de la valeur des diplômes universitaires, aux allures de forfaiture. Ce ne pourrait être qu’un début, vers le pire. Ici encore, est criant le besoin d’un rempart contre l’exposition à la déqualification de notre diplôme et de notre profession, quand l’Etat peut céder à la pression de lobbyings capables de forcer la loi, sous prétexte que des pseudo-psychothérapeutes se sont imposés sur le marché libéral et la place publique en ouvrant leurs échoppes : comme s’ils pouvaient faire loi à la place de la loi, en anticipant la loi, c’est-à-dire sur le mode pervers.

Ce rempart contre ces dérives, le SPEL a tenté de le dresser depuis le premier projet de décret, en tirant la sonnette d’alarme et en brisant certains tabous (cf. article du SPEL in Le Journal des Psychologues n° 246 (avril 2007) p.6, intitulé  » La fin des psychologues cliniciens ? « . En effet, notre syndicat professionnel a dû s’inscrire en faux, ce à un double titre : d’une part, contre l’abus du dernier gouvernement consistant à permettre un accès direct à l’enseignement d’un pseudo-master de psychopathologie, sans pour autant avoir accompli les années précédentes en psychologie (LI, L2, L3, M1, anciennement DEUG, Licence, Maîtrise de Psychologie) pour quelques centaines d’heures. D’autre part, contre la majeure partie organisations de psychologues qui étaient prêtes à cautionner la création d’un doublon du Master de Psychologie taillé sur mesure et déguisé en un faux Master de Psychopathologie. Ce afin de légitimer, finalement, tout ce qui existe en termes de  » peutes  » sur le marché, au détriment des repères civilisateurs inclus dans la science psychologique et le Titre de psychologue, et au détriment de l’intérêt général. Aujourd’hui encore, nous devons lutter contre le principe d’une formation quasi indigente, débouchant sur un pseudo-diplôme de psychothérapeute acheté au prix fort dans des instituts privés, c’est-à-dire dans un monde totalement déréglementé et uniquement marchand. Seul, un Ordre professionnel sera en mesure de faire barrage à de telles dérives et à une telle régression depuis 1985. C’est-à-dire là où notre profession n’a pas continué son élan, malgré la réglementation récente de son exercice. Aujourd’hui, le SPEL promeut les Actes de compétence des Psychologues Libéraux, et son  Code de déontologie, en référence aux Valeurs Communes des Professions Libérales européennes qui protègent et respectent le Public.

La mobilisation de tous les psychologues libéraux est indispensable à la création d’un Ordre professionnel des Psychologues Libéraux

D’une part, pour qu’un Ordre professionnel redonne à notre profession une identité forte, renforçant la reconnaissance publique de leurs membres en tant que spécialistes et experts, dont la formation continue obligatoire intègre la recherche fondamentale, et dont la dynamique procure espoir aux jeunes psychologues, confrontés actuellement au chômage.

D’autre part, pour que cet Ordre redonne à un Public perdu ou en errance des repères symboliques lisibles qui lui permettront, quant à ses interlocuteurs, de distinguer le bon grain de l’ivraie. Cet Ordre doit, expressément, se porter garant des exigences que représentent les apports de la  Psychologie en matière d’équilibre psychique, face à l’utilisation illégale de l’exercice et des termes inhérents à la science psychologique (le dit  » psychologie  » ou  » psychologies  » ou  » psychologique »), afin que ces termes spécifiques soient non décomposables ou composables avec d’autres qualificatifs, sans rapport avec la science psychologique. Face aussi à l’exposition de l’usager aux dangers des mauvaises pratiques, des pratiques sauvages de la méconnaissance et des dérives sectaires : autant de symptômes qui s’avèrent dorénavant installés par permissivité, libéralisme, c’est à dire sans légitimité, et qui constituent un authentique danger en termes de déséquilibre, voir de perdition psychique.

Enfin, parce ce futur Ordre professionnel des psychologues sera certes, formé de personnes morales de droit privé, mais investies par le législateur de certaines prérogatives de puissance publique, leur permettant d’accomplir la mission de service public qui leur est confiée.

Pour sa part, le SPEL s’est préparé à la mise en place de l’Ordre professionnel. Il a rédigé son propre Code de déontologie et d’éthique pour l’exercice libéral, en lien avec le Code de déontologie européen. Il a rédigé ses propres Actes de compétences, pour l’exercice libéral. Il s’est doté d’un Conseil, en l’espèce, d’un Avocat à la Cour de Paris, spécialisé en Droit public :

Mireille BOUSKÉLA, Vice Présidente du SPEL


Le rapport de notre Avocat pour le SPEL sur les conditions de compréhension et de mise en œœuvre d’un Ordre professionnel des Psychologues inclut les considérations suivantes.

Un ordre professionnel est la réunion d’un droit matériel de juridisation d’un code de déontologie et d’un droit institutionnel (l’agencement structurel permettant de faire respecter les normes contenues dans le code de déontologie).

1 – L’instrument législatif, comme condition procédurale à la création d’un ordre professionnel.
2 – La nature juridique d’un ordre professionnel.
3 – La nécessité de donner une valeur juridique au Code de déontologie des psychologues.
4 – La constitution d’une structure disciplinaire apte à assurer le respect des normes contenues dans le Code de déontologie.